J’aime les perles, mais pas celles-là !

Microbilles en plastique dans les cosmétiques - Focus On

Un gommage, un shampoing, un dentifrice, un savon, une crème pour les mains, une crème anti-rides

Qu’ont ces produits en commun ?

DES MICROBILLES EN PLASTIQUE

Sans le savoir, à l’insu de mon plein gré, je tartine ma peau, je lave mes cheveux, je me lave les dents ou je me lave le corps avec du …… plastique !

Et le pire, c’est que l’on me rend co-responsable d’une pollution à grande échelle.

Ça vaut un petit coup de gueule, vous ne trouvez pas ?

Microbilles Focus On

Des micro quoi ?

Aussi petites que des grains de sable, les microbilles sont utilisées dans les cosmétiques et les produits de nettoyage pour colorer des crèmes, pour réfléchir la lumière (stick à lèvres), comme abrasif doux (dentifrice), comme abrasif dur (crème à récurer) pour exfolier (gommage), pour donner une texture (crème pour les mains), comme artifice visuel (crème anti-rides). Et bien d’autres usages encore à retrouver sur le site de Cospheric, un fabricant de microbilles en plastiques. Choix de dimensions, choix de couleurs, il y en a pour tous les goûts…..

Ces microbilles en plastique, à peine visibles à l’œil nu et non bio-dégradables, échappent aux filtres des stations d’épuration et finissent leur course dans les fleuves où elles vont se mêler aux sédiments et dans les océans où elles vont rejoindre la « soupe plastique ». En février 2015, Le Monde s’inquiétait du déversement des plastiques dans les océans qui pourrait décupler d’ici à dix ans.

Dans ce magma de résidus de toutes sortes, ces microplastiques vont se charger de pesticides, d’hydrocarbures et de perturbateurs endocriniens. Elles sont ensuite ingérées par les planctons, qui eux-mêmes sont ingérés par les poissons qui, s’ils n’en meurent pas, se retrouvent dans notre assiette.

Qui aurait pu imaginer que « des perles » seraient responsables de la pollution massive des fleuves et des océans ?

Les réactions dans le monde.

Sous la pression d’ONG, telles que Plastic Soup Foundation, Surfrider, Greenpeace, Marine Conservation Society, Seas at Risk, les marques ont commencé à réagir.

Certaines marques ont annoncé dès 2012 qu’elles arrêteraient d’utiliser des microbilles de plastique pour 2015 ou les années à venir.

En outre, plusieurs états américains, ont adopté une loi interdisant les microbilles dans les cosmétiques (entrée en vigueur pour 2019 ou 2020). Au Canada, les villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent se sont regroupées pour faire pression auprès du gouvernement en vue de « bannir les microbilles des produits de soins personnels ».

Ce que nous, les consomma(c)teurs, pouvons faire pour arrêter cette pollution.

En attendant de pouvoir être sûr que les produits que l’on nous vend sont bien dépourvus de ces crasses de microbilles en plastique, il y a plusieurs pistes.

Pour savoir si votre dentifrice, votre crème anti-rides ou votre shampoing sont « colonisés » par ces microplastiques, il faut de bons yeux. Si dans la liste des ingrédients, vous retrouvez l’un des éléments suivants, je vous conseille de ne pas acheter ce produit.

Polyéthylène, polypropylène, polyéthylènetéréphtalate, polyméthacrylate de méthyle (PMMA), nylon.

Ou si comme moi, lire la liste des ingrédients vous donne le tournis, je vous conseille de télécharger l’application « Beat the microbeads ». Ainsi, vous pourrez scanner le code-barres qui vous indiquera si le produit contient des microbilles.

Enfin, je suis de plus en plus convaincue que la meilleur manière d’être sûre que ce que je mets sur moi est « safe », c’est de le préparer moi-même. Et là, nous sommes gâtées avec la Slow Cosmétique.

J’en suis déjà convaincue depuis 2 ans. Après la lecture de l’excellent livre de Julien Kaibeck « Adoptez la slow cosmétique », l’atelier cosmétique « Crème pour le corps » chez Senz Cosmetics à Bruxelles, la découverte sur internet d’une fulltitude d’articles, de recettes et de vidéos, je me suis mise à faire pratiquement tous mes produits de soins. Et cela tombe extrêmement bien, un gommage efficace se prépare en quelques secondes puisqu’il s’agit de mélanger du sucre et du miel ou du fromage blanc. Nul besoin de microbilles!

A vous de jouer…..

Microbilles dans les cosmétiques Focus On Pollution

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